25.11.2007
Premier bilan de la grève des transports
Alors que la grève des transports est suspendue, on ne sait toujours pas exactement ce qui sortira de ces négociations.
Toujours est-il que ces négociations étaient demandées par les syndicats dès le début, et refusées par le gouvernement avant la grève. Le temps perdu est donc le fait du refus de négocier du gouvernement.
Il n'y avait, en fait, aucune logique à cette réforme séparée d'une réforme générale des retraites prévue l'an prochain. La seule raison de cette dissociation, c'est la volonté de diviser les travailleurs : si tous les travailleurs voient s'affaiblir leur droit à la retraite en même temps, il est logique qu'ils se mobilisent en même temps. Par cette "astuce" de calendrier, le gouvernement a clairement montré sa volonté de diviser les salariés.
Au passage, Xavier Bertrand a sorti une absurdité incroyable : le chantage à l'arrêt de la grève pour que les négociations commencent ! Absurdité qui a d'ailleurs été reprise par Valérie Pécresse contre les étudiants... Ce refus gouvernemental de négocier provient d'une vision autoritaire du rapport au social, et à la société en général.
La fin de la grève a aussi été marquée par un discours populiste de Sarkozy. Certains ont même cru bon de saluer le fait qu'il cite une phrase de trahison prononcée en 1936 par le stalinien Thorez... On a les références qu'on mérite.
Au demeurant, les revendications des salariés de la fonction publique n'ont pour le moment pas reçu le moindre début de réponse. De même, les étudiants continuent de se mobiliser contre la loi "LRU" et pour de meilleures conditions d'études, pour le moment sans entamer l'autisme de la ministre.
19:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mobilisation, droits, retraite, mouvement, contestation, grève, ratp
20.11.2007
Forte grève unitaire
Aujourd'hui mardi 20 novembre, c'est un succès pour la grève de la fonction publique - et non pas uniquement des fonctionnaires, puisque la fonction publique comprend de plus en plus de salariés de droit privé, précaires, souvent à temps partiel, et mal payés.
C'est, là encore, un choix politique que d'avoir recours à des contrats aussi défavorables pour les salariés.
Le salaire réel (tenant compte de l'inflation) des enseignants a baissé de 9% à 20% en 20 ans. La baisse est encore plus rapide pour les infirmières.
Ce problème de salaire est évidemment partagé par nombres d'autres salariés, et c'est pour de nombreux salariés même hors de la fonction publique qu'il faudrait un rattrapage.
Mais au delà du salaire, l'autre motif de la mobilisation, c'est le manque de postes dans les services publics. Or non seulement le gouvernement ne crée pas les postes nécessaires, mais il en supprime ! Contre cette politique à courte vue, la grève constitue la défense de la qualité du service public - notamment d'éducation.
La grève des transports se poursuit également, et pour cause : ses salariés n'ont rien obtenu, si ce n'est quelques diffamations de la part du gouvernement. Si la tactique gouvernementale - peu honorable - du mensonge contre les personnels peut marcher auprès d'une partie de la population mal informée, ça ne fait que renforcer la détermination des personnels qui se trouve confrontés à un Etat qui ment.
13:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grève, fonction publique, mobilisation, contestation, manifestation, salaire, postes
15.11.2007
La grève se poursuit largement
La grève se poursuit largement. Ou devrait-on dire les grèves ? Difficile pourtant de faire l'impasse sur les points communs entre les mobilisations présentes - et à venir (journée du 20 novembre).
Un fait nouveau est intervenu, qui éclaire les positions des uns et des autres : l'Organisation Internationale du Travail a invalidé le CNE, mis en place il y a 2 ans par le gouvernement UMP malgré le refus des syndicats.
Cette décision de l'OIT donne pleinement raison à la fois aux syndicats qui s'étaient mobilisés contre le CNE, et aux étudiants qui s'étaient mobilisés contre le CPE.
Or que voit-on aujourd'hui : les mêmes qui défendaient le CNE et le CPE sont aux prises avec ceux qui combattaient ces contrats ! La crédibilité des défenseurs de la "loi Pécresse", qui vantaient il y a un an et demi le CPE, en prend un sérieux coup.
En plus du développement de la grève étudiante, la reconduction du mouvement dans les transports se poursuit. Dans les deux cas, le gouvernement use surtout de communication, et n'est pas prêt à donner satisfaction sur le fond aux grévistes.
Pire, dans les universités c'est une répression injustifiée qui frappe ceux-là même qui ont empêché le CPE, qui sans leur mobilisation serait aujourd'hui déclaré illégal par l'OIT...
Pourtant, la situation économique et sociale appelle un changement réel de politique. Qu'on en juge à partir de deux dépêches AFP de ce début de semaine :
- "Les seules catégories à soutenir désormais la politique du gouvernement sont les cadres supérieurs et les Français les plus riches. Par ailleurs, plus de six Français sur 10 estiment que leur situation personnelle est restée inchangée depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, alors que 32% considèrent même qu'elle s'est dégradée. Seuls 3% pensent qu'elle s'est améliorée." (AFP, 12 novembre 2007)
- "Le mouvement de baisse des inégalités de niveau de vie et de la pauvreté, régulier depuis les années 70, s'est essoufflé depuis 2002, la pauvreté ayant même légèrement augmenté en 2005, tandis que les inégalités de patrimoine se sont, elles, renforcées entre 1997 et 2003." (AFP, 15 novembre 2007)
Tant chez les étudiants que chez les salariés, les préoccupations sont réelles et parfaitement justifiées. Ne pas y répondre serait injuste et particulièrement dangereux.
18:39 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mobilisation, mouvements, grève, étudiants, universités, transports, CNE
13.11.2007
Répression violente à Nanterre
Valérie Pécresse a clairement montré comment elle considère les étudiants. Après la diffamation, la répression... On l'a vu à Nanterre le 13 novembre au matin, de nombreux CRS ayant investi l'université et attaqué des étudiants à coups de matraques et de gaz lacrymogènes.
Les étudiants se mobilisent pour de meilleures conditions d'études : seule réponse, ils sont matraqués et gazés sur leur lieu même d'étude !
C'est probablement sans précédent, du moins avec une telle violence, et en tout cas très grave.
Les étudiants ont pourtant bien des raisons de se mobiliser : en plus de la réforme dite "LRU" qui vise à accroître l'autonomie des facs (donc accroître les inégalités), en plus de l'insuffisance en enseignants, en locaux et en aides sociales, le prix des études augmente à un rythme impressionnant.
En effet, le prix de l'inscription à un diplôme de Master (bac +4 et bac +5) est passé de 141 euros en 2003 à 215 euros en 2007, soit 52 % d'augmentation en 4 ans !
Et encore, il faut compter en plus la sécu, ainsi que les "frais supplémentaires" - illégaux mais exigés par la moitié des universités...
On comprend dans ces conditions que la revendication "Universités gratuites" fleurisse en ce moment au sein des mobilisations étudiantes.
Il y a de réelles préoccupations dans le monde étudiant. Les étudiants mobilisés réclament simplement des conditions d'études correctes, ce qui non seulement est légitime pour eux, mais est également nécessaire pour la société : ils sont l'avenir !
Le gouvernement doit maintenant changer radicalement d'attitude, prendre au sérieux les aspirations des étudiants, et enfin les écouter... plutôt que de les matraquer.
15:47 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : étudiants, universités, Nanterre, mobilisation, grève, LRU, autonomie
06.11.2007
Les étudiants mobilisent contre la "loi Pécresse"
Depuis plusieurs jours, différentes universités se mobilisent contre la "loi Pécresse" (LRU, "Libertés et Responsabilités des Universités"), qui a pour but d'accentuer l’autonomie des universités.
Le fond de cette réforme a pour conséquence d'accroître les inégalités entre les différentes universités, et d'accroître encore plus les inégalités entre les étudiants.
C'est également faciliter l'entrée d'intérêts privés, au détriment du service public d'enseignement supérieur.
La grève a été votée sur plusieurs universités, et des piquets de grève mis en place par les étudiants sur plusieurs sites.
Une première coordination nationale d'étudiants mobilisés, réunie à Toulouse les 27 et 28 octobre, a demandé l'abrogation de la loi, et a appelé à des manifestations nationales les 8 et 20 novembre.
Fait particulièrement grave, à Aix-Marseille, Toulouse, Grenoble et Paris-Tolbiac, les directions des universités ont décidé de fermer les universités, ce qui constitue ni plus ni moins qu'une violation du droit de grève (droit qui est tout de même inscrit dans l'actuelle constitution !).
De nombreuses universités étant actuellement en vacances, le mouvement pourrait prendre beaucoup d'ampleur dans les jours et les semaines qui viennent.
13:36 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : étudiants, universités, facs, LRU, Pécresse, grève, mobilisation
18.10.2007
La grève très suivie
Les trois quarts des cheminots sont aujourd'hui en grève. Cette mobilisation exceptionnelle est encore plus forte que lors de la grève générale de novembre-décembre 1995.
Le succès très large, et imprévu, de cette grève (des transports - RATP et SNCF notamment-, de l'énergie - EDF-GDF-, mais aussi à La Poste, etc...), est un fait nouveau qui change la donne. De nombreuses manifestations vont également se dérouler aujourd'hui.
Le gouvernement se doit maintenant de négocier, sauf à afficher un mépris intolérable pour les agents de ces services publics.
Selon un sondage CSA, 54% des sondés déclarent "soutenir ou avoir de la sympathie" pour cette grève, seulement 26% se disent "hostiles", et 17% se disent "indifférents".
Au delà de la défense des retraites, c'est en fait une inquiétude sociale bien plus large qui s'exprime. On peut citer les suppressions de postes dans les services publics (notamment dans l'enseignement), la possibilité de réduction de l'accès aux soins par les franchises médicales, sans compter la lourde faute morale et symbolique que constitue l'instauration des tests ADN.
Il y a une triple hypocrisie dans la politique du gouvernement sur les régimes "spéciaux" de retraites :
- Affirmer qu'il négocie, et annoncer en même temps qu'il a déjà décidé et qu'il ne changera pas d'avis.
- Faire passer les cheminots pour des privilégiés, alors qu'en réalité ils cotisent plus afin d'alimenter leur régime de retraite.
- Faire croire qu'on pourrait conduire un train à 65 ans, ce qui est absurde. Le but est en fait de faire partir des travailleurs à la retraite sans avoir le "taux plein", donc avec une retraite plus faible.
A noter qu'aujourd'hui également, une grève des conducteurs de trains est très suivie en Allemagne. C'est le 3e jour de grève en deux semaines dans le secteur ferroviaire allemand.
Pour ce qui est de la grève en France, trois syndicats de cheminots (FO, SUD, FGAAC) appellent d'ores et déjà à reconduire le mouvement.
14:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Grève, Manifestation, Social, Politique, Retraites, Mobilisation










