04.04.2008
"Rigueur" hypocrite, ou le Robin des bois à l'envers
Le gouvernement vient d'annoncer des mesures pour économiser 7 milliards d'euros. Première remarque : la France donne chaque année 65 milliards d’euros de cadeaux fiscaux au patronat (chiffre de 2005). L'escroquerie est évidente : quand bien même le budget public ne donnerait "plus" que 58 milliards d’euros au patronat, ces mesures de coupe budgétaire seraient atteintes sans avoir besoin de s'en prendre aux services public, et aux budgets de la santé, du logement, de l'enseignement, etc...
Il faut ajouter à cela le fait que la droite a créé un cadeau annuel pour la petite minorité des plus riches : le "bouclier fiscal". Et ce alors que même sans cette mesure, les plus riches ne cessent de s'enrichir.
Malgré le déni gouvernemental, ce sont bien des mesures d'austérité, ou de "rigueur". Remarquez en passant qu'on ne parlait pas de rigueur quand Sarkozy s'est augmenté son propre salaire de 172 %...
Dans ce contexte, l'envoi - extrêmement coûteux - de nouvelles troupes en Afghanistan, montre encore plus que le discours gouvernemental est mensonger. Il ne s'agit pas de faire des économies, mais de poursuivre et d'aggraver une politique de Robin des bois à l'envers : prendre à tous, et en profiter pour quelques intérêts particuliers, dont donner aux riches.
On remarque que la droite est conforme à ses dogmes anti-fonctionnaires, contre le service public - Fillon s'était déjà prononcé dans ce sens il y a quelques mois.
Supprimer chaque année des dizaines de milliers de postes d'enseignants et d'autres personnels de l'éducation, c'est une faute grave pour l'avenir.
C'est une politique à courte vue, injuste et inefficace qui, si elle est appliquée, serait mauvaise immédiatement, et désastreuse à long terme.
22:52 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Austérité, Rigueur, Réforme de l'Etat, gouvernement, sarkozy, casse du service public
12.03.2008
Mort de Lazare Ponticelli
Lazare Ponticelli, le dernier combattant français de la guerre de 14-18, est mort aujourd'hui à l'age de 110 ans. Loin des clichés pro-guerre type "mort pour la France", sa vie est plus proche de la réalité.
Lazare Ponticelli est né en Italie en 1897, puis est arrivé en france sans passeport - il serait aujourd'hui sans papier, et expulsé sans ménagement (avant 1914 la circulation était libre dans le monde, le passeport et le contrôle est une des funestes créations de la barbarie que fut la guerre mondiale de 14-18).
Arrivé sans parler un mot de français, il apprend, puis en 1914 part à la guerre. Il y découvre l'horreur de la guerre, est blessé, et en tire la leçon que "c'est complètement idiot la guerre". En 1915 quand l'italie entre à son tour dans le conflit, il doit changer d'uniforme.
Il participe à la Résistance pendant la deuxième guerre mondiale.
Mais il ne s'est jamais considéré comme un héros, reconnaissant l'absurdité de la guerre : "Cette guerre, on ne savait pas pourquoi on la faisait. On se battait contre des gens comme nous."
Qu'un hommage soit rendu aux "poilus" morts pour rien, sacrifiés dans l'intérêt des marchands d'armes, et aux déserteurs et insoumis qui refusèrent de tuer leurs semblables.
16:56 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : mort, poilu, Lazare Ponticelli, guerre, militarisme, antimilitarisme
28.02.2008
La concurrence fait-elle baisser les prix ?
Voilà encore une idée reçue qui ne résiste pas à l'épreuve des faits. Dans la réalité, bien souvent, la concurrence ne fait pas baisser les prix - au contraire !
Pour citer quelques exemples récents :
- fiasco dans le secteur du renseignement téléphonique (au moins 25% d'augmentation) ;
- idem dans l'électricité ou le gaz : hausse des prix (jusqu'à un doublement des prix pour les entreprises).
- sans compter le secteur des téléphones portables, où l'entente illégale entre les entreprises a été prouvée et sanctionnée, sans que rien ne change depuis... et ce, au détriment exclusif des utilisateurs.
L'explication est simple : la raison d'être d'un véritable service public c'est de s'attacher à offrir le meilleur service au public. La raison d'être d'une entreprise privée, c'est de faire le plus de profits sur le dos des consommateurs (et des travailleurs du secteur).
Ce sont là deux logiques différentes, ce que l'on perçoit en fait assez peu puisque les vrais services publics sont rares, l'Etat gérant le plus souvent "ses" services en patron capitaliste.
On peut s'interroger sur cette religion de la concurrence, qui se poursuit contre les enseignements de l'expérience.
Dans l'intérêt collectif, il semble plutôt qu'une solution durable et juste passe par un véritable contrôle actif de la population, plutôt qu'une soumission à la "loi du profit maximum".
01:36 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Concurrence, Prix, Marché, Pouvoir d'achat, Augmentation, Inflation, Libéralisation
05.01.2008
Les chiffres réels du chômage
Le 1er janvier 2008, l'ANPE et le ministère du travail ont publié les chiffres concernant le nombre de chômeurs en France pour le mois de novembre 2007 (voir la note, format PDF) :
Quatre chiffres différents du nombre total de chômeurs sont donnés, suivant les catégories de chômeurs prises en compte : 1.907.100, 2.030.200, 2.368.900 et 3.108.300 - sacrées différences ! Mais aucune addition n'est faite de l'ensemble des chômeurs inscrits, seul le détail des 8 catégories de chômeurs est donné (p. 3), il faut donc faire l'addition nous-mêmes : soit un total de 3.507.400 chômeurs.
On peut noter que le communiqué supposé résumer l'ensemble ne donne que les deux chiffres les plus faibles, et même la note détaillée de 8 pages ne donne à aucun endroit le chiffre total, pourtant bien réel, de 3.507.400 chômeurs.
3,5 millions de chômeurs sur 28 millions d'actifs, ce qui fait 12,5% des actifs (et encore, ce chiffre ne comprend pas les chômeurs radiés et autres chômeurs non-inscrits à l'ANPE).
Tout cela n'a pas empêché le gouvernement de communiquer sur le chiffre - faux - de "1,9 millions de chômeurs", chiffre repris par la plupart des médias, bien qu'il soit presque deux fois inférieur au chiffre réel.
Concernant les motifs de sortie de l'ANPE (voir p. 5 du document), seules 23,8% le sont pour une reprise d'emploi déclarée, et 11% par "radiation administrative". Il faut ajouter à ces chiffres 37,8% que l'ANPE sort des fichiers pour "absence au contrôle", ce qui comprend à la fois des chômeurs ayant trouvé un emploi mais ne l'ayant pas signalé, et d'autres qui se découragent et deviennent donc chômeurs hors de la structure ANPE (ils rejoignent donc les nombreux chômeurs déjà absents des statistiques).
Fait curieux, à l'occasion d'une annonce de Sarkozy visant à accroître encore les sanctions contre les chômeurs, on apprend qu'il y a "4,5 millions de personnes" inscrites à l'ANPE ! (dépêche AFP du 4/01/2008 ; le chiffre est fourni par l'ANPE elle-même, et concerne l'année 2006 puisque les chiffres de 2007 ne sont pas encore connus - mais la baisse ne pourrait de toute façon absolument pas atteindre 1 million en un an). Le chiffre réel est donc bel et bien deux fois supérieur au chiffre annoncé par le gouvernement.
01:40 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Chômage, chiffres, ANPE, chômeurs, radiations, emploi, statistiques
25.11.2007
Premier bilan de la grève des transports
Alors que la grève des transports est suspendue, on ne sait toujours pas exactement ce qui sortira de ces négociations.
Toujours est-il que ces négociations étaient demandées par les syndicats dès le début, et refusées par le gouvernement avant la grève. Le temps perdu est donc le fait du refus de négocier du gouvernement.
Il n'y avait, en fait, aucune logique à cette réforme séparée d'une réforme générale des retraites prévue l'an prochain. La seule raison de cette dissociation, c'est la volonté de diviser les travailleurs : si tous les travailleurs voient s'affaiblir leur droit à la retraite en même temps, il est logique qu'ils se mobilisent en même temps. Par cette "astuce" de calendrier, le gouvernement a clairement montré sa volonté de diviser les salariés.
Au passage, Xavier Bertrand a sorti une absurdité incroyable : le chantage à l'arrêt de la grève pour que les négociations commencent ! Absurdité qui a d'ailleurs été reprise par Valérie Pécresse contre les étudiants... Ce refus gouvernemental de négocier provient d'une vision autoritaire du rapport au social, et à la société en général.
La fin de la grève a aussi été marquée par un discours populiste de Sarkozy. Certains ont même cru bon de saluer le fait qu'il cite une phrase de trahison prononcée en 1936 par le stalinien Thorez... On a les références qu'on mérite.
Au demeurant, les revendications des salariés de la fonction publique n'ont pour le moment pas reçu le moindre début de réponse. De même, les étudiants continuent de se mobiliser contre la loi "LRU" et pour de meilleures conditions d'études, pour le moment sans entamer l'autisme de la ministre.
19:25 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mobilisation, droits, retraite, mouvement, contestation, grève, ratp
20.11.2007
Forte grève unitaire
Aujourd'hui mardi 20 novembre, c'est un succès pour la grève de la fonction publique - et non pas uniquement des fonctionnaires, puisque la fonction publique comprend de plus en plus de salariés de droit privé, précaires, souvent à temps partiel, et mal payés.
C'est, là encore, un choix politique que d'avoir recours à des contrats aussi défavorables pour les salariés.
Le salaire réel (tenant compte de l'inflation) des enseignants a baissé de 9% à 20% en 20 ans. La baisse est encore plus rapide pour les infirmières.
Ce problème de salaire est évidemment partagé par nombres d'autres salariés, et c'est pour de nombreux salariés même hors de la fonction publique qu'il faudrait un rattrapage.
Mais au delà du salaire, l'autre motif de la mobilisation, c'est le manque de postes dans les services publics. Or non seulement le gouvernement ne crée pas les postes nécessaires, mais il en supprime ! Contre cette politique à courte vue, la grève constitue la défense de la qualité du service public - notamment d'éducation.
La grève des transports se poursuit également, et pour cause : ses salariés n'ont rien obtenu, si ce n'est quelques diffamations de la part du gouvernement. Si la tactique gouvernementale - peu honorable - du mensonge contre les personnels peut marcher auprès d'une partie de la population mal informée, ça ne fait que renforcer la détermination des personnels qui se trouve confrontés à un Etat qui ment.
13:46 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grève, fonction publique, mobilisation, contestation, manifestation, salaire, postes










